Vocations

« … afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille, en toute piété et honnêteté. » — I Tim., ii, 2.

A strictement parler, la vocation est l’appel à entrer dans la cléricature que l’évêque adresse à un individu mâle dans lequel il discerne les talents nécessaires. Par l’évêque, c’est l’Eglise qui appelle, c’est le Saint-Esprit qui parle à la personne, lui indiquant la volonté de Dieu pour elle. — Mais d’une façon générale, la vocation est l’appel efficace que Dieu adresse aux brebis dispersées (cf. S. Jn x, 16), qui les fait entrer dans le bercail de l’Eglise.

C’est la raison pour laquelle S. Paul emploie le mot dans cette exhortation :

« Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d’avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. » — Eph., iv, 1.

La vocation chrétienne est avant tout la sortie du royaume des ténèbres, et l’entrée dans le royaume du Fils bien-aimé de Dieu, « par le sang duquel nous avons la rédemption, la rémission des péchés » (Col., i, 13-14).

La vocation de saint Matthieu, Il Carravagio

 

A ce titre, cette vocation implique un changement radical de vie, de mœurs et de mentalité : ceux qui franchissent la porte de l’Eglise par le baptême marchent dans une « nouveauté de vie » (Rom., vi, 4), selon qu’il est écrit : « Ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises » (Gal., v, 24).

La vocation à devenir chrétien ne consiste pas à se procurer un supplément d’âme pour vivre à sa guise, selon son égoïsme. Dieu « nous a sauvés et nous a appelés par une vocation sainte, non en vertu de nos œuvres, mais en vertu de son propre décret et de sa grâce, qui nous a été donnée dans le Christ Jésus de toute éternité » (II Tim., i, 9).

La destruction universelle, par la Modernité, des structures traditionnelles ne constitue pas pour le chrétien une raison pour se dérober à l’objet principal de la vie chrétienne, qui est de glorifier Dieu dans les moindres actions de l’existence (I Cor., x, 31). Les moyens de glorifier Dieu sont pourvus par Dieu même : ils constituent les états de vie que l’on trouve dans la religion chrétienne, à savoir : l’état laïc, l’état religieux, l’état clérical.

Les Laïcs

L’état laïc possède un sacrement qui lui est propre : celui du mariage.

La généralisation du phénomène du célibat parmi les jeunes convertis est le symptôme d’une asociabilité grandissante, résultant du mode même de la conversion : on se convertit pour défendre l’Eglise ; or, pour ce faire, on usurpe les fonctions cléricales d’enseignement, structurant ainsi sa vie d’une façon fautive, cause d’une multitude de dysfonctionnements et de perturbations psychiques.

N.-S. Jésus-Christ déclare : « Celui qui vous écoute, m’écoute, et celui qui vous rejette, me rejette ; or, celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé » (S. Lc., x, 16), entendant par-là que la parole du Prêtre doit non seulement être écoutée, mais encore qu'il convient au laïc — moderne — de surmonter la tentation du mépris et du rejet de cette parole. La raison en est simple : elle est la seule autorisée ; la parole du laïc usurpant le pouvoir d’enseigner sur les matières sacrées n’est ni celle du Christ, et encore moins celle de son Père : elle est celle d’un homme que Dieu n’a pas envoyé.

Seules les paroles de l’Eglise, véhiculées, transmises, communiquées par le Prêtre sont constructives, tant pour l’âme que pour la société.

Fides ex auditu. Mépriser la parole du Prêtre, qui enseigne la Loi, c’est rejeter la parole même du Fils de Dieu. Or, « quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un insensé, qui a bâti sa maison sur le sable : la pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison, et elle est tombée, et grande a été sa chute » (S. Mat., vii, 26-7).

S’il n’y a pas une vocation au laïcat à strictement parler, le laïc a, de par son baptême, la vocation à la vie éternelle, ce qui est fondamental. « C’est pourquoi, mes frères, dit S. Pierre, appliquez-vous d’autant plus à assurer par vos bonnes œuvres votre vocation et votre élection ; car, en agissant ainsi, vous ne ferez jamais de faux pas » (II Pi., i, 10). Le laïc ne peut se sanctifier que dans la mesure où il demeure dans son état. Toute exhortation à en sortir pour se faire le défenseur ex professo d’une Eglise désormais réduite à une « bonne cause », n’est pas traditionnelle, ne vient pas de l’Esprit de Dieu. Ce n’est pas l’enseignement de nos Pères.

Tout chrétien est appelé à l’amour de Dieu : le laïc comme les autres. Or, nul ne peut aimer Dieu, s’il sort des bornes de l’état où l’a placé la Providence.

La Concorde Augustinienne et Sacerdotale entend encourager les laïcs à se tenir dans leur rang. C’est ainsi que les Pasteurs pourront accomplir leur rôle, qui est de se dévouer entièrement aux Brebis du Seigneur. S’il y a, hélas, des pasteurs indignes, qui dévorent les brebis (Ez., xxxiv, 3), il existe aussi un grand nombre de ces dernières qui errent, dispersées sur les montagnes de leur orgueil, chacune suivant sa propre voie (Is., liii, 6), sa façon à elle de militer… C’est pourquoi la Concorde Augustinienne et Sacerdotale intègre la réprobation du militantisme telle que le Concile provincial de Paris (1849, tit. III, cap. xi) et de Rennes (1849, decr. xxiii) et bien d’autres autorités l’ont formulée.

La détresse des laïcs, les maux intérieurs de toutes sortes qui rongent les individus ; les graves distorsions qui déchirent les familles, qui divisent les époux ; l’impuissance chronique, qui rend les parents incapables de transmettre la foi, malgré les efforts déployés ; tout cela n’est pas l’œuvre des ennemis de l’Eglise : c’est les fruits de l’intérêt maladif pris pour l’illusoire « bonne cause », alibi permanent — et, hélas, déjà ancien — de la passion, de la volonté propre et du désordre.

Ceux qui ont excité les brebis à s’arroger la mission des Pasteurs les ont dispersées, ils les ont chassées, ils n’en ont pas pris soin (Jér., xiii, 2). Seuls peuvent amasser avec le Christ ceux qui ont reçu la mission pour cela, c’est-à-dire les Clercs ; agir autrement, c’est disperser (S. Mth., xii, 30).

Si les Religieux et les Clercs relèvent d’états de vie sensiblement différents de celui des laïcs, il n’en demeure pas moins que tous font également partie du Corps mystique du Christ :

« Il n’y a qu’un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance. Il n’y a qu’un Seigneur, une foi, un baptême, un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous et qui est en tous. » — Eph., iv, 4.

Le cadre général dans lequel s’inscrivent tous les états de vie chrétienne est celui de l’Alliance nouvelle de Dieu avec le peuple que le Christ s’est racheté par son Précieux Sang (S. Lc., xxii, 20), renouvellement de la première Alliance qu’il avait faite avec Abraham, avant la venue du Messie. Aussi, s’adressant à nos Pères, Dieu déclare par Moïse : « Je marcherai au milieu de vous, je serai votre Dieu et vous serez mon peuple » (Lév., xxvi, 12), et par S. Paul : « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour lui-même un peuple qui lui appartienne, tout appliqué aux bonnes œuvres » (Tite ii, 14).

Celui qui n’est pas baptisé est « sans Christ, en dehors de la société d’Israël, étranger aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, dit l’apôtre, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous êtes rapprochés par le Sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n’en a fait qu’un » (Eph., ii, 12-14). Les chrétiens, investis de la « dignité israëlitique » (oraison de la IVᵉ Prophétie de la Vigile pascale), forment « l’Israël de Dieu » sur lequel reposent sa paix et sa miséricorde (Gal., vi, 16) : ils ne sont plus en aucun cas des Gentils, des païens.

Le premier Pape et modèle de tous les autres, S. Pierre, exhorte les chrétiens à mener une vie sainte parmi les Gentils, de sorte qu’ « ils arrivent, en y regardant bien, à glorifier Dieu pour [leurs] bonnes œuvres au jour de sa visite » (I Pi., ii, 12).

Avec l’aide de Dieu, dont ils tiennent leur mission, et en union avec tous les clercs « qui font profession de la vraie foi, catholique et apostolique » (Canon de la Ste Messe), l’Evêque et les Prêtres de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale entendent continuer à œuvrer…

« pour l’édification du Corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur astuce pour induire en erreur ; mais que, confessant la vérité, nous continuions à croître à tous égards dans la charité en union avec celui qui est le Chef, le Christ. » — Eph., iv, 12-15

S’adressant aux laïcs, la Concorde Augustinienne et Sacerdotale les exhorte à sortir de Babylone : « Sortez du milieu d’elle, ô mon peuple, et que chacun de vous sauve sa vie, devant l’ardente colère du Seigneur » (Jér., li, 45), pour vivre une vie ordonnée, simple et pieuse — celle-là même qu’enseignaient nos Pères, avant le déferlement des innovations.

Selon l’enseignement de N.S.P. Augustin, comme l’être humain est de nature sociable, plus nous aimons nos frères, plus nous travaillons à les secourir dans leurs besoins, plus nous témoignons à Dieu que nous l’aimons, et plus nous nous unissons étroitement à lui (De doctr. christ., I, 22).

La restauration de la discipline de l’état laïc est une nécessité absolue. La Concorde Augustinienne et Sacerdotale souligne que, loin de viser une utopie, elle est le seul moyen de faire cesser le délitement du peuple catholique, qui semble n’avoir plus comme caractéristique que celle d’avoir répudié la charité comme notion typiquement libérale — perdant ainsi son droit à se dire chrétien.

Les Religieux

Le Bon Dieu appelle certains à vivre dans un état de plus grande perfection.

La vie religieuse, à strictement parler, n’est pas le fruit d’une vocation. Elle est ouverte à tous, car la vie chrétienne laïque est déjà une séparation d’avec le monde (S. Jc., i, 27), un plein et définitif renoncement au diable, à ses œuvres et à ses pompes (Liturgie du baptême). La vie religieuse est néanmoins la vie évangélique en son plein, cette vie à laquelle tous doivent tendre, même les laïcs selon leur mode propre, objet de la miséricordieuse tolérance divine (I Cor., vii, 9). Les laïcs ont une raison d’être, que nul ne saurait leur contester : elle se réalise par le mariage et la génération. Aussi, l’entrée en Religion n’est pas la consécration d’un célibat causé par l’asociabilité ou la misanthropie : elle est la concrétisation du désir de perfection, de la part d’une âme de forma mentis normale, qui veut aimer Dieu d’une façon sacrificielle, qui répond de façon absolue à la parole du Sauveur :

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, et suis-moi. » — S. Mth., xix, 21

Si les préceptes du Sauveur s’imposent à tous, l’observation des conseils relève d’une forme plus élevée d’amour de Dieu. L’entrée en Religion est une mort au monde de la volonté propre et des sens ; aussi ne doit-elle pas s’effectuer à la légère. Elle n’est pas un droit ; les Supérieurs n’ont aucune obligation de recevoir un impétrant qui ne leur paraîtrait pas apte à la vie de charité et de renoncement, mais aussi à la vie communautaire.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive » (S. Math., xvi, 24) : on n’entre pas en religion pour briller, mais pour s’éteindre à la vie de la cupidité, en aimant Dieu par-dessus tout, et son prochain comme soi-même.

La Concorde Augustinienne et Sacerdotale accueille des Religieux, qui seront, dans le futur, répartis dans les Maisons en fonction des besoins. Elle veille à leur donner une formation appropriée, fondée sur la Règle de N.S.P. Augustin, ainsi que sur les prescriptions des Anciens. Après un Noviciat (généralement d’une année), les Religieux y prononcent les trois vœux de façon simple, pour une durée de trois ans. Plus tard viennent les Vœux solennels.

Les Religieux sont ceux auxquels les paroles de N.-S. Jésus-Christ s’adressent en premier lieu :

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. » — S. Mth., xi, 28

Les candidats rencontrent les Supérieurs pour des entretiens préalables. Le discernement s’effectue par ces derniers, qui en réfèrent à l’Evêque, dont la décision est irrévocable, alors même que le noviciat serait accompli.

Une fois acceptés, ils s’occupent des tâches qui incombent à leur état, sous la direction des Aînés et des Supérieurs, et la protection de l’Evêque.

Ils mènent une vie de prière et de recueillement, rythmée par le chant de l’Office divin. Les Novices reçoivent un enseignement poussé, qui porte tant sur la vie religieuse que sur les fondements de la vision chrétienne du monde. Une attention particulière est donnée au travail de la terre, et aux tâches qui, par ailleurs, ne sont pas sans utilité pour les laïcs de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale.

Les Religieux portent un habit distinctif, conforme aux coutumes de la Famille augustinienne.

La spiritualité augustinienne met l’emphase sur la gratitude envers Dieu pour la grâce gratuite qu’il accorde à qui il veut. Cela entraîne une grande paix et une joie profonde, qui rend léger le joug du Bien-Aimé Sauveur (S. Mth., xi, 29). La vie religieuse, difficile de par sa nature, se ressent de cette joie, lorsque l’amour de Dieu est bien sa motivation profonde et sincère. Celui que ne porte pas le joug « doux et léger » du Christ est écrasé par l’intolérable fardeau de l’amour-propre.

En fonction de leurs aptitudes, de leur ancienneté et des besoins de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale, les Religieux peuvent se voir attribuer des tâches qui les adjoignent à la mission des Clercs. En effet, N.-S. J.-C. ne déclare-t-il pas : « Qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes » (S. Luc, xvi, 10) ?

Les Clercs

Au sommet de l’état religieux, se trouve la cléricature. Elle est moins un état de vie à part entière, qu’une série de fonctions ministérielles de droit divin, hiérarchisées entre elles, par lesquelles l’Unique Pasteur, N.-S. J.-C. régit son troupeau : « Car vous étiez comme des brebis errantes, mais maintenant vous êtes revenus à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes. » (I Pi., ii, 25)

Pour qu’un Prêtre ou un Diacre soit respecté par les fidèles, il faut que lui-même soit soumis à un Pasteur légitime de l’Eglise. La Concorde Augustinienne et Sacerdotale n’entend donc pas former des Prêtres gyrovagues, mais catholiques. La concorde qui existe entre le haut et le bas Clergé garantit l’harmonie dans le peuple du Dieu qui « est Charité » (I Jn., iv, 8) : « C’est en lui que tout le corps, coordonné et uni par les liens des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d’activité, grandit et se perfectionne dans la charité » (Eph., iv, 16).

Certains auteurs ecclésiastiques, au XIXᵉ siècle, avaient proposé une focalisation du cursus des études sur la réfutation des erreurs du temps, le domptement des sciences modernes pour les mettre au service de la foi, ainsi que l’intégration de la notion de développement du dogme. Le XXᵉ siècle a donné la mesure des résultats de ce progrès, surtout après que Maritain — le bon et le mauvais ! — ait entériné la destruction de ce qui restait de mentalité catholique en faisant la promotion d’un néo-thomisme cheval de Troie de tous les changements.

Dans le cadre du Scolasticat S.-Charles-Borromée, la Concorde Augustinienne et Sacerdotale dispense une formation théologique à ses futurs Prêtres. Les Scolastes appartiennent à la Concorde, où ils tiennent le milieu entre les Religieux et les Clercs majeurs. La durée des études est d’environ cinq années, sous réserve de l’appréciation des Professeurs présidés par l’Evêque. Le plan général des études suit la méthode en vigueur avant l’installation de la Modernité.

La Concorde Augustinienne et Sacerdotale ne doute pas que suivre les anciennes méthodes conduit à façonner des Prêtres étrangers à la forma mentis moderne, donc aptes à guider les fidèles dans les « anciens sentiers » (Jér., vi, 16), tout en s’y maintenant eux-mêmes. Elle prend délibérément le parti de considérer les problématiques de la Modernité commençante comme dépassées et hors de propos.

Le contexte de la post-modernité n’est plus celui du prestige de la vieille critique et des sciences nouvelles : l’intégration par tous des principes de la critique a fait de cette pensée d’avant-garde un lieu commun, qu’il s’agit désormais de traiter avec le mépris qui lui convient. Ces vieux miroirs aux alouettes sont dépassés ; seule demeure intacte la vérité, et la manière dont nos Anciens l’abordaient dans les diverses branches de la Science Sacrée.

La façon d’appréhender la vérité détermine une forma mentis qui en conditionne l’application. Aussi, sans ignorer absolument les problématiques du modernisme et du criticisme (puisque le Serment anti-moderniste exige une bonne connaissance du problème), le Scolasticat S.-Charles-Borromée met néanmoins l’accent sur la dispensation aux Clercs d’un enseignement qui n’abandonne aucune de ses parties à la fantaisie apologétique des temps modernes, et encore moins aux officines laïques qui prétendent dicter aux Clercs le contenu et les bornes de la Science Sacrée qui est la leur par état et par droit.

Le plan des études théologiques est communiqué au candidat, dès lors qu’il est agréé par l’Evêque de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale.

Si la science est une nécessité pour le Clergé, sans la charité, qui édifie, elle ne fait qu’enfler vainement (I Cor., VIII, 1). L’accent est donc mis sur les vertus cléricales, qui peuvent se résumer, d’une part, à l’obéissance au Christ dans la personne des Supérieurs, et d’autre part, l’imitation de Jésus-Christ dans la vie de service de l’Eglise. L’amour de l’Eglise une, sainte, catholique, apostolique et romaine, dans son Chef, son Collège apostolique et ses membres, est la manifestation la plus pure de l’amour du prochain, pour ce qui regarde l’état clérical.

Au sein de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale, le jeune Clergé apprend à aimer le peuple de Dieu comme le Bon Pasteur aime son troupeau et le chérit.

Aussi, un soin particulier est mis à la célébration des Augustes Mystères de la religion chrétienne, qui sont le sommet, le cœur, l’acmé — vraiment — de la vie ecclésiastique. C’est pourquoi la Concorde Augustinienne et Sacerdotale porte un soin particulier à la beauté liturgique et aux pompes — qui doivent être en analogie avec celles que Celui qui en est le Centre reçoit au Ciel.

Aussi, tout en se faisant « tout à tous » (I Cor., ix, 22) en vue du salut de tous, les Prêtres de la Concorde Augustinienne et Sacerdotale ont pour mission d’être les témoins de l’invariabilité du Seigneur Sabaoth, qui déclare : « Moi, le Seigneur, je ne change pas » (Mal., iii, 6).

La Concorde Augustinienne et Sacerdotale attend des candidats qu’ils professent la foi catholique dans toute son orthodoxie, sans mélange d’innovations, ou d’opinions particulières, et bien entendu d’hérésies. Alors même qu’elle encourage la piété privée, la Concorde considère que de nombreuses formes de dévotions entraînent un affaiblissement ou un gauchissement du primat de l’amour de Dieu.

Il sera requis des Scolastes qu’ils embrassent les us et coutumes de la Concorde, son amour de l’Eglise catholique et du Siège Apostolique, comme ses spécificités spirituelles et structurelles.

Il est à noter que l’usurpation des fonctions cléricales constitue a priori une disqualification pour l’entrée dans la carrière cléricale, conformément au Can. 985 § 7. La Concorde Augustinienne et Sacerdotale est particulièrement attentive à ce point.

La liturgie de l’Ordination comporte un merveilleux répons, composé des paroles de N.-S. J.-C. disant à ses Disciples : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais mes amis » (S. Jn., xv, 15), qui vient en guise de conclusion de la cérémonie qui confère à un homme le pouvoir d’agir in Persona Christi.

Cette amitié avec le Verbe éternel de Dieu est un privilège suprême, apparenté à « l’unique nécessaire » (S. Lc., x, 42) que nul ne peut ravir au Prêtre, ou usurper.

Gardien et dispensateur de la Science Sacrée, le Prêtre uni à son Evêque est celui qui guide les âmes vers l’amitié avec Dieu, qui est la fin de la charité ou le Ciel. Il n’y a pas d’ami du Christ, le Roi des rois (I Tim., vi, 15), sans insertion dans l’ordre ecclésial, qui est l’ordre des choses, l’ordre du monde tel que Dieu l’a créé pour Lui-même.