Du secret nécessaire
dans les choses sacrées

« Moschus, dans son traité qu’il intitule le Pré spirituel, dont la vérité a été autorisée par le Second Concile de Nicée (en 786), qui a été le septième général, rapporte une histoire prodigieuse au sujet des paroles de la consécration, pour montrer combien elles doivent être tenues secrètes, et prononcées avec crainte et révérence.

Il dit donc qu’en un village nommé Thorax, de la province d’Apamée, quantité de jeunes enfants s’étant assemblés dans une campagne, pour garder le bétail, ils voulurent, en se jouant, dire la messe à la manière de l’Eglise ; l’un d’eux entreprit de faire le prêtre, un autre le diacre, et un troisième le sous-diacre.

Il y a avait sur le lieu une grande pierre, laquelle ils choisirent pour autel, et mirent dessus du pain et du vin ; puis ils commencèrent l’office, avec toutes les cérémonies qu’ils avaient vues pratiquer entendant la Messe.

Nicolas Poussin, Et in arcadia ego — représentation allégorique du nécessaire secret dans les choses sacrées, afin d'en éviter la profanation.

Celui qui faisait le prêtre, étant arrivé au point de la consécration, de laquelle il savait les paroles, comme les ayant ouïes souvent prononcer (parce que c’était alors la coutume que les enfants assistassent à la Messe proche de l’autel et communiassent les premiers avec les clercs et parce que — comme il ajoute ensuite — les prêtres prononçaient en quelques endroits les saintes paroles si haut, que les jeunes enfants pouvaient les apprendre, par la longueur du temps) ; comme donc il eut prononcé à haute voix les divines paroles sur le pain et sur le vin, voilà tout d’un coup le feu du ciel, avec un grand éclat de foudre, qui tombe sur la pierre et consume le tout, donnant une telle épouvante à ces pauvres enfants, qu’il demeurèrent comme morts sans mouvement et presque sans apparence de vie.

Le bruit de cet accident s’étant répandu, les voisins accoururent, et ayant trouvé ces enfants en cet état, ils ne purent apprendre d’eux ce qui leur était arrivé, jusqu’au lendemain, qu’étant un peu remis, ils racontèrent le tout comme il s’était passé. […]

La chose étant divulguée et venue aux oreilles du prélat, il voulut lui-même se rendre avec son clergé sur le lui où ces choses s’étaient produites, et ayant reçu des mêmes enfants le récit de cette histoire, il visita donc le lieu où il y vit les vestiges du feu du ciel imprimé sur la pierre  ; ce qu’ayant bien examiné, et voyant qu’un prodige si extraordinaire — arrivé de la part de Dieu — tendait à l’instruction de l’Eglise, il voulut en conserver la mémoire.

C’est pourquoi il fit bâtir au même endroit un célèbre monastère, dans lequel il mit tous ces jeunes enfants, comme déjà initiés au culte de Dieu, et les fit religieux, leur donnant l’habit lui-même. » (1)

___________

1. Extrait du Rational de Mgr Durand

 

Numéro 26

Samedi 8 septembre

Nativité de la T.S. V. Marie.

— S'abonner
pour vous abonner aux Chroniques ecclésiastiques cliquez ici.

— Visitez notre site
Retrouvez tous les articles des Chroniques sur le site http://savonarola.ovh

— Nous contacter
La fin de cette publication étant l'édification et l'instruction du peuple chrétien, nous serions heureux de recevoir vos questions, auxquelles nous tâcherons de répondre en de raisonnables délais et au mieux de nos capacités.
Adressez-nous vos questions en cliquant ici.

— Faire connaître
N'hésitez pas à faire connaître à votre entourage les Chroniques ecclésiastiques.

— Se désabonner
Si vous ne souhaitez plus recevoir les Chroniques ecclésiastiques, veuillez nous le signifier en cliquant ici.