Chroniques ecclésiastiques | Numéro 7 | Samedi 7 avril 2018

La tradition des agneaux de cire

En cette octave de Pâques, nous tenons à souhaiter à tous nos lecteurs une sainte et heureuse fête de la Résurrection du Seigneur.

Nous espérons surtout que tous ont pu bénéficier des cérémonies sacrées de la Semaine Sainte et y méditer les augustes mystères de notre Rédemption.

L’Église déploie d’ailleurs en cette période une telle profusion de splendeurs liturgiques qu’il est difficile d’en sélectionner une pour la commenter.

Nous voudrions cependant évoquer ici la tradition des agneaux de cire, aussi appelés agni Dei, « agneaux de Dieu, » qui étaient bénits le samedi in albis, c'est-à-dire la veille du Premier Dimanche après Pâques, aussi appelé Dimanche in albis (dimanche en blanc).


La tradition voulait que les Papes, la première année de leur pontificat, puis tous les sept ans, bénissent de petites images de cire, de forme ronde, sur lesquelles était imprimée la figure d’un agneau. (1)

Ces agni Dei étaient de cire pure, à laquelle on mêlait du baume ou du Saint Chrême qui était resté de l’année passée.

Une partie de cette bénédiction consiste à les plonger dans l’eau consacrée avec des prières, dans laquelle on a mêlé du baume et du saint Chrême.

L’origine de cette tradition est immémoriale et, d’après la règle établie par l’évêque d’Hippone, là où l’on ne peut retracer l’entrée d’un usage, il convient de considérer qu’il fut instituer par les Apôtres.

Les Agneaux de cire sont de puissants sacramentaux dont l’usage était naguère très répandu. Le Pape Urbain V, envoyant un agneau de cire à Jean Paléologue, empereur de Constitantinople, lui adressa quelques vers rapportant les principales vertus attribuées à l’usage de l’agnus Dei :

 

L’agnus dont je te fais le précieux don est fait de cire mêlée avec la pure liqueur du saint chrême et du baume. Il est né comme dans une fontaine, et de mystérieuses prières l’ont bénit ; il chasse de l’air les tempêtes et les esprits malins ; la femme enceinte en éprouve de salutaires effets ; celle qui accouche est heureusement délivrée. Si on le porte avec un cœur pur, il préserve de tout danger sur l’eau ; il anéantit le péché et le tue comme le sang du Christ. Ceux qui en sont dignes reçoivent par sa vertu des grâces signalées et il détruit la violence du feu. Il sauve de la mort soudaine et des pièges de Satan. Celui qui l’honore triomphera de l’ennemi.

 

Les agneaux de cire pouvaient encore être divisiés en morceaux que l'on recueillait dans de petits sachets fermés. On pouvait ainsi les porter sur soi en guise de protection, ou les répartir dans sa maison pour prévenir les incendies.

 

_________________
(1) Rational ou Manuel des divins offices, Durand, t. iv, pp. 413-sqq.

 

 

 

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